Mais au fait, comment devient-on expert ? « Pour moi, c’était une évidence. Je tenais cette légitimité de mes parents, propriétaires de plusieurs galeries, qui m’ont transmis une forte culture du marché de l’art. Car la difficulté première est d’y accéder. Il faut être initié pour approfondir son fonctionnement, celui de la vente aux enchères, des programmations des musées et des galeries. » Un héritage renforcé par quelques années sur les bancs de la faculté d’histoire à Bordeaux 3 : « J’avais un bon vernis, ce qui m’a permis de trouver très vite du travail à Paris. » À 25 ans, il prend place à la tribune d’experts pour garantir l’authenticité de tableaux. Et n’aura aucun mal à entrer à « Connaissance des arts », magazine référent dans ce domaine dont il devient directeur de la publicité. L’occasion de se tisser un réseau impressionnant parmi les acteurs du monde de l’art.
Pas de voie royale
Arc-bouté sur ce précieux cercle parisien, Alexis Maréchal, désireux de revenir à Bordeaux pour des raisons personnelles, propose à Me Jacques Tajan d’ouvrir un bureau dans la métropole aquitaine. Il a le feu vert et devient expert. « Il n’existe pas de voie royale et cette profession n’est pas réglementée. Ce titre est lié à la reconnaissance des pairs et du marché. C’est le métier d’une vie qui exige de progresser en permanence. »
Une recherche quotidienne qui passe par la fréquentation des bibliothèques et la lecture d’ouvrages de référence, dits catalogues raisonnés. « La matière est sans limite. »
Alexis Maréchal réalise une vingtaine d’expertises par jour et prépare les ventes aux enchères à Paris. La maison mère en organise 80 par an, à Paris et à Monaco. Et compte 50 salariés.
Dominique Manenc.
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