| Artistes Raymond Duchamp Villon - Expertise et Estimation gratuite de votre Sculpture |
|
| |
| |
Raymond Duchamp Villon - Expertise et Estimation gratuite de votre Sculpture
|
| |
En dépit de la brièveté de sa carrière- il meurt d'une maladie infectieuse contractée sur le front-, il a joué un rôle important dans la genèse de la sculpture moderne à la veille de la Première Guerre mondiale.
Au début du siècle, il abandonne ses études de médecine pour se consacrer à la sculpture. À ce moment, il est pratiquement impossible de se soustraire à la puissante influence de Rodin. Mais, tout en la subissant, le jeune sculpteur tente d'échapper à la superficialité et au dynamisme musculaire du grand aîné. C'est en dissociant en grandes masses élémentaires le modèle considéré que Duchamp-Villon y parviendra : cette analyse lui permet en effet de traiter chaque partie comme une volume en soi, ce qui le conduit tout naturellement à une géométrisation que vont venir encourager les exemples convergents du cubisme et de l'art nègre. Le Portrait de Baudelaire (1911), où la tête est l'objet d'une accentuation stylistique poussée, apporte en somme le témoignage d'une sculpture expressionniste dans laquelle le traitement de la forme obéit non seulement à un objectif esthétique, mais à une intention psychologique : l'âme de Baudelaire doit apparaître d'autant mieux que l'on renonce aux détails véristes pour mettre en valeur les traits essentiels. Néanmoins, en 1912, la tête de femme intitulée Maggy accuse les progrès indéniables de la géométrie : la plastique pure menacerait de l'emporter sur les attendus psychologiques, n'était l'extrême violence intérieure dont témoigne ce faciès excessif aux yeux globuleux, plus audacieux à cette date que les variations contemporaines de Henri Matisse sur la tête de Jeannette.
Duchamp-Villon se distingue également des sculpteurs cubistes, qui taillent leurs sujets en facettes comme des diamantaires ou tentent de traduire en trois dimensions les ruptures de plans des peintres. Le dynamisme, qui est une préoccupation commune aux trois frères Duchamp, va rendre Duchamp-Villon particulièrement sensible à l'exemple d'un Boccioni dont le Manifeste technique de la sculpture futuriste est publié en 1912, les sculptures exposées à Paris l'année suivante. Il s'attelle désormais à son œuvre majeure, le Cheval, achevée en 1914, dans laquelle il parvient à une puissante synthèse des élans animaux et de la robustesse du jeu des bielles d'une locomotive. Mais ce qui fait la force de cette œuvre, ce n'est pas l'origine des éléments qui la composent, c'est l'invention sculpturale dont elle fait preuve, dans la masse comme dans le détail.
Sa mort prématurée à l’âge de 41 ans explique que Raymond Duchamp-Villon, considéré comme l’un des pionniers de la sculpture moderne, reste peu connu.
En 1967, son frère Marcel a contribué à monter à Rouen une exposition intitulée Les Duchamp : Jacques Villon, Raymond Duchamp-Villon, Marcel Duchamp, Suzanne Duchamp. Une partie de cette exposition familiale a ensuite été montrée au musée d'art moderne et du centre Pompidou de Paris. |
|
|
En dépit de la brièveté de sa carrière- il meurt d'une maladie infectieuse contractée sur le front-, il a joué un rôle important dans la genèse de la sculpture moderne à la veille de la Première Guerre mondiale.
Au début du siècle, il abandonne ses études de médecine pour se consacrer à la sculpture. À ce moment, il est pratiquement impossible de se soustraire à la puissante influence de Rodin. Mais, tout en la subissant, le jeune sculpteur tente d'échapper à la superficialité et au dynamisme musculaire du grand aîné. C'est en dissociant en grandes masses élémentaires le modèle considéré que Duchamp-Villon y parviendra : cette analyse lui permet en effet de traiter chaque partie comme une volume en soi, ce qui le conduit tout naturellement à une géométrisation que vont venir encourager les exemples convergents du cubisme et de l'art nègre. Le Portrait de Baudelaire (1911), où la tête est l'objet d'une accentuation stylistique poussée, apporte en somme le témoignage d'une sculpture expressionniste dans laquelle le traitement de la forme obéit non seulement à un objectif esthétique, mais à une intention psychologique : l'âme de Baudelaire doit apparaître d'autant mieux que l'on renonce aux détails véristes pour mettre en valeur les traits essentiels. Néanmoins, en 1912, la tête de femme intitulée Maggy accuse les progrès indéniables de la géométrie : la plastique pure menacerait de l'emporter sur les attendus psychologiques, n'était l'extrême violence intérieure dont témoigne ce faciès excessif aux yeux globuleux, plus audacieux à cette date que les variations contemporaines de Henri Matisse sur la tête de Jeannette.
Duchamp-Villon se distingue également des sculpteurs cubistes, qui taillent leurs sujets en facettes comme des diamantaires ou tentent de traduire en trois dimensions les ruptures de plans des peintres. Le dynamisme, qui est une préoccupation commune aux trois frères Duchamp, va rendre Duchamp-Villon particulièrement sensible à l'exemple d'un Boccioni dont le Manifeste technique de la sculpture futuriste est publié en 1912, les sculptures exposées à Paris l'année suivante. Il s'attelle désormais à son œuvre majeure, le Cheval, achevée en 1914, dans laquelle il parvient à une puissante synthèse des élans animaux et de la robustesse du jeu des bielles d'une locomotive. Mais ce qui fait la force de cette œuvre, ce n'est pas l'origine des éléments qui la composent, c'est l'invention sculpturale dont elle fait preuve, dans la masse comme dans le détail.
Sa mort prématurée à l’âge de 41 ans explique que Raymond Duchamp-Villon, considéré comme l’un des pionniers de la sculpture moderne, reste peu connu.
En 1967, son frère Marcel a contribué à monter à Rouen une exposition intitulée Les Duchamp : Jacques Villon, Raymond Duchamp-Villon, Marcel Duchamp, Suzanne Duchamp. Une partie de cette exposition familiale a ensuite été montrée au musée d'art moderne et du centre Pompidou de Paris. |
|
|